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Le moment politique de la réforme protestante

La pensée politique
de la Réforme protestante

Engagé vers 1510
pour occuper la chaire de théologie à l’université de Wittenberg, à l’occasion
de la préparation de ses cours, il redécouvre les textes sur les psaumes,
l’épître aux romains, et aux galates.

Luther selon les
dires cloue les 95 thèses de la réforme sur la porte de l’église du château de
Wittenberg la veille de la Toussaint

Cette nouvelle théologie cadre ses attaques quant au trafic
pontifical des indulgences, mais aussi contre tout l’ensemble des attitudes
sociales, politiques et religieuses qui avaient fini par se voir identifier aux
enseignements de l’église catholique.

La base de la nouvelle théologie d Luther, et la crise
spirituelle qui la précite, tient à sa vision de la nature humaine, il est
obsédé par l’idée de la totale indignité de l’homme.

Il témoigne une double lutte entre Thomiste (L’homme est en mesure de suivre les lois de Dieu) et Augustinien (idée de la déchéance de la
nature humaine), il lance ainsi une violente attaque contre les humanistes et
notamment les païens (Publication du
discours d’Erasme sur le libre arbitre en 1524).

Il sera excommunié, Erasme sera contraint sous la volonté
d’Henri VIII et du Pape de composer un traité anti luthérien, ou il oppose à sa
pensée des citations des pères de l’église, mais exprime surtout l’idée de
l’inanité de la voie proposée.

Luther contre attaque (en
1525, sous le titre Le serf arbitre),
il affirme sa lutte contre les
humanistes et sa position ultra augustinienne, il rejette la thèse humaniste
selon laquelle l’homme peut appréhender par la raison, car notre perception est
absurde et charnelle, et que notre volonté est ainsi continuellement liée au
péché.

Dès lors, les commandements de Dieu doivent être observé non
pas parce qu’ils apparaissent justes, mais parce qu’ils viennent de Dieu, ce
qui a pour conséquence, que rien de ce que nous pouvons entreprendre dans nos
actions ne pourrait contribuer à nous sauver.

Le serf arbitre conclue que le « libre arbitre n’est rien » et que l’acte vertueux est
sans valeur vis-à-vis du salut.

Sur la nature presciente de Dieu, en affirmant que Dieu
prévoit toute chose de façon nécessaire et immuable, il admet l’idée d’une
double prédestination :

-
Certains des hommes sont destinés à être sauvés

-
Certains des hommes sont destinés à être damnés

Cette vision pessimiste influera profondément sa foi et le
confinera aux portes du désespoir, jusqu’à ce qu’il entrevoit le soulagement
définitif lors de la préparation d’un cours en lisant et paraphrasant la phrase
cruciale du psaume XXX « délivre
moi dans ta justice »,
il lui apparaît soudain que  la notion de justice divine renvoie non pas à
ses pouvoirs répressifs, mais plutôt à son indulgence envers les pécheurs, les
justifiant ainsi et en les délivrant de leur état de faute.

Il se sentira enfin prêt à se tourner vers l’étude
approfondie des épîtres de St Paul et à composer ses commentaires sur le
romains, le galates net les hébreux, ce qui débouchera sur une théologie
entièrement nouvelle, fondant sur la papauté et l’église catholique toute
entière.

Le cœur de sa doctrine tient
dans sa doctrine de la justification « par la fois seule », il
considère que personne ne peut être sauvé par ses seules actions, mais il est
possible à chacun d recevoir de Dieu « la
Gratia »,
la grâce salvatrice, celle que Dieu a accordé à ceux qui
sont prédestinés au salut, l’unique but du pêcheur est de parvenir à la foi
totalement passive en la justice de Dieu et dans la possibilité de se voir
relever par sa grâce miséricordieuse.

Le pêcheur est simultanément juste et pécheur, mais sa foi
lui assure que se péchés soient comptés contre lui.

En découle une double implication sociale :

-
Une conception passive et primaire de la justice
que les chrétiens peuvent atteindre dans le royaume du Christ

-
La justice civile ne fait pas partie du salut,
mais demeure essentielle à la bonne marche des affaires du monde

L’Ancien testament est ainsi vu comme nécessaire pour
enseigner à l’homme à se connaître fin qu’il reconnaisse son incapacité à faire
le bien et qu’il se désespère.

Mais nous pouvons être rassurés si nous vivons dans la foi
en Christ qui transmet à l’homme sa connaissance de la grâce rédemptrice de Dieu
(le sacrifice du Christ est la clé de notre salut).

Il élabore ainsi une
double doctrine de l’hérésie catholique :

-
Il dévalue l’importance technique de l’église en
tant qu’institution visible, ainsi la véritable Eglise n’est pas le prêtre en
tant qu’intermédiaire, mais la communauté de fidèles réunis au nom de Dieu

-
Il minimise le caractère  séparé et sacramentel de la prêtrise (idée du
clergé de tous les croyants), c’est une imposture que de présenter les papes,
évêques et prêtres come les tenants d’une condition spirituelle, et les
laïcs  de condition temporelle, tous les
chrétiens, membre d’une communauté de croyants appartiennent à la même sphère
spirituelle.

 

Il affirme ainsi, la capacité individuelle de chaque âme
croyante de s’adresser à Dieu sans intermédiaire.

Les implications politiques

La théologie de
Luther comporte deux conséquences politiques :

-
Il rejette l’idée selon laquelle, l’église
dispose de pouvoirs de juridiction et donc l’autorité de diriger et de régler
la vie chrétienne (trafic des indulgences), l’église avait le pouvoir de
dispenser des remises de peine, à ceux qui confessaient leurs péchés, le but
était d’écourter ses souffrances post mortem.

On ne peut gagner le salut par la voie de son autorité salut
et de ses sacrements.

Il répudie toutes les institutions ecclésiales fondées sur
l’idée que le clergé constitue une classe séparé  ayant ses juridictions
et se privilèges propres, il rejette l’ensemble du droit canon « doctrine de l’adresse, nous sommes
tous consacrés prêtres par le baptême »

Cette urgence à dénoncer une condition cléricale séparée le
conduit également à s’attaquer aux ordres monastiques et à leur mode de vie
tout entier (défense du mariage des prêtres).

L’église est une communauté de fidèles, le gouvernement de
l’église est purement intérieur, il n’a de sens que de permettre aux fidèles de
gagner leur salut

Ce qui implique que seules les autorités séculières doivent
posséder seules le droit d’exercer tous les pouvoirs de coercition, y compris
sur l’église elle-même, elle se place sous le contrôle du prince chrétien.

Il reconnaît l’existence d’églises nationales et la
possibilité accordée au Prince de gérer, de recruter et de démettre les
fonctionnaires de l’église, l’idée du pape et de l’Empereur comme pouvoir
parallèle disparaît (St Paul,
« toute âme doit être soumise à l’autorité en vigueur, car il n’existe
d’autre autorité que celle de Dieu »)

Il dispose du pouvoir
des princes selon :

-
Il a le devoir d’employer pieusement les moyens
que Dieu lui a concédés (commander en faveur de la vérité)

-
Maintenir les sujets en les maintenant en paix
et en prospérité (ils répondent à un idéal élevé que les rois de son temps ne
sont pas en mesure d’incarner)

-
On ne doit ni respect ni obéissance à ces
gouvernements scandaleux (il invoque la désobéissance civil), on ne doit jamais
être porté à faire le mal

-
La tyrannie est cependant non à combattre mais à
endurer (1520, car il ne souhaitait
pas que son nouveau mouvement soit confondu avec un radicalisme politique), si
Dieu autorise des gouvernements tyranniques, c’est comme le dit Job en raison
du ^éché

Il soutient deux
éléments :

-
Les injonctions
de Paul constituent l’autorité ultime concernant la juste conduite de la vie
sociale et politique

-
L’attitude
réclamée par Dieu est une soumission totale des chrétiens aux autorités
séculières dont les pouvoirs sont élargis afin qu’on ne puisse les contester

-
Pour
Luther tout est fondé sur la parole de Dieu.

Les raisons du succès politique de la
réforme

En tant qu’idéologie politique, le stade ultime et décisif
de l’évolution du luthéranisme est atteint lorsque les autorités séculières
passent de l’hérésie jusqu’à exiger des sujets qu’ils adoptent les nouvelles
dispositions religieuses.

Fort développement au Danemark et en Allemagne ou elle est
un mouvement d’origine populaire, par contre en Suède et en Angleterre, il
fallut passer deux obstacles (faire
taire les récalcitrants, persuader la grande masse de la population),
ainsi
que celle de dignitaires religieux et de conseillers royaux cependant matés par
des peines de prison et des déportations.

En Angleterre, s’impose le schéma (contestation-répression), se heurtant à l’opposition au sein même
de cercle royal (Sir Richard POLE ou au
sein du gouvernement, Lord Chancelier Sir Thomas More).

Réginald POLE publia
un exposé théorique les plus importants de la position orthodoxe contre les
ambitions du Roi quant à la primauté de l’église et patronnaient plusieurs
humanistes radicaux, il y expose sa vision selon laquelle, il est impossible au
Roi d‘être chef de l’église, car cette dernière est bun don de Dieu, alors que
le « regnum »
est une invention des citoyens qui se soumettent spontanément à une autorité
qu’ils établissent pour satisfaire leurs propres besoins.

Les clés ont été remises par le Christ à St Pierre et elles
doivent revenir à ses successeurs (les papes), c’est à ce sujet que fervents
catholiques More considérait l’indépendance d e l’église comme un point
fondamental et inviolable, même s’il pouvait par ailleurs reconnaître qu’à la
suite de la République de Cromwell, le Roi pouvait être rendu responsable
devant le parlement.

Les campagnes officielles visant à imposer la Réforme en
Europe semblent en général s’achever à ce stade, avec la répudiation de Rome,
la prise en main de tous les pouvoirs ecclésiastiques par les autorités
séculières et l’élimination par la force de toute opposition.

En Angleterre, toutefois,
la Réforme d’Henri VIII
comporte une étape supplémentaire, car elle
consiste à tenter de faire accepter les dispositions relatives à l’église non
seulement par la répression, mais aussi par une campagne officielle de
propagande politique, montée par la presse d’imprimerie.

-
Cromwell amène
divers canonistes à défendre les nouvelles positions de l’église, (Gardiner,
canoniste publiera ainsi le plus important et le plus radical des Traités en 1535
« l’oraison de la vraie obéissance »
visant à consacrer le droit
du Roi à divorcer d’un mariage illicite et à se déclarer chef suprême sur terre
de l’église d’Angleterre.

-
Cette conception du pouvoir temporel et
spirituel comporte implicitement u rejet de l’autorité du pape et que les
juridictions revendiquées par le Vatican ont toutes été usurpées, s’ensuit que
les relations entre le droit civil et le droit canon ont été mal comprises

Selon St Paul, on doit obéissance aux Autorités et en
particulier à l’Empereur car il est placé là par Dieu, obéir à l’Empereur est
obéir à Dieu, on retrouve cette interprétation chez les défenseurs de la
Réforme, Gardiner entrevoit le rôle du Prince comme celui de l’ancien testament
(Melchisédech).

De nouveaux auteurs
(Starkey, humaniste anglais du XVI°),
utilisèrent par la suite des
arguments nettement plus luthériens afin de replacer la Réforme d’Henri VIII
dans une nouvelle perspective, plus paisible.

Il s’agit de la doctrine de « l’adiaphora »
ou choses indifférentes au salut, le programme ‘Henri VIII doit se voir  comme une chose indifférente au salut, chacun
doit se soumettre aux changements, et que l’on doivent désormais reconnaître
que la politique est fondé sur le consensus « d’un conseil commun »,
à savoir l’autorité législative du roi devant le parlement, personne n’a  avoir de scrupules ou de craintes par
rapports à cette idée car elle est indifférente au salut.

Le Roi se conformant aux écritures est la garantie absolue
pour que son pays soit gouverné au mieux, les civilistes défendent alors la
thèse selon laquelle la suprématie devrait être conférée au roi par le
parlement, car cette autorité représente toute l’église catholique  d’Angleterre, il devient la voix de Dieu.

Cette thèse est ainsi une voie médiane entre les positions
des luthériens radicaux et des catholiques traditionalistes, les uns renonçant
à l’orgueil et à l’arrogance de leur opinion, les autres à la croyance vaine et
superstitieuse.

Le Roi doit être reconnu dans son autorité pour commander et
juger en toute affaire ecclésiastique comme temporelle, et être tenu seul chef
de la communauté, ce qui esquissée la naissance de l’église anglicane, les
propagandistes vont alors développer l’idée que la « saga du peuple choisi
par l’Ancien testament est identifié au peuple d’Angleterre, l’évêque Aylmer au début du règne
d’Elisabeth proclame d’ailleurs  que Dieu
est anglais.

Selon Milton en 1641
« Traité sur la Réforme »,
évoque que Dieu est anglais, et
qu’après avoir été révélé à ce peuple, il tente de rallier les autres pour
avancer avec confiance et en juste émulation vers le jour ou Dieu jugera les
diverses nations du monde et distribuera les honneurs aux communautés des
justes.

 

Critique jésuitique de
la Réforme

Confrontés de tous côtés aux hérétiques de l’époque, les
penseurs dominicains et jésuites reviennent aux doctrines de la « Via antiqua », et s’en
servent comme base pour développer une vision nouvelle des justes relations de
l’Eglise avec la communauté séculière.

Deux visions :

-
L’église est une institution visible,
juridictionnelle dont la structure et les traditions ont été inspirées par le
St Esprit « Concile de Trente en
1546 »
et qui se transmettent de Pape en Pape (le Christ remet
les clés à St Pierre), aussi l’église a-t-elle le pouvoir de lier et délier
toute chose temporelle dans les cieux.

-
L’église est une autorité législative
indépendante, exerçant son propre code de droit canon en parallèle des lois
civiles de la communauté mais jamais sous leur tutelle, ce pouvoir demeure en
tout temps aux mains du Pape.

Est ainsi combattu la thèse Luthérienne de la reconnaissance
des Saintes écritures, car tout autant que la parole écrite, nous avons besoin
de sa parole non écrite, c’est-à-dire des traditions divines et apostoliques.

L’église en tant que corps doit toujours être guidée par sa
têt (le Pape), elle ne saurait être qu’une communauté de fidèles.

Les penseurs de la contre réforme critiquent également les
arguments de divers hérétiques soupçonnés de sympathie luthérienne (les humanistes d’Erasme), et leur
volonté de proposer une Bible nouvelle et apurée, car cela traduirait une
dépréciation du poids des traditions, on rejette aussi, les arguments de Pole
en faveur d’une position moins tranchée de l’autorité de l’église pour éviter
un shiisme définitif entre catholique et protestant.

Les thomistes vont alors énoncer une théorie tout aussi
systématique de la société politique et redéveloppent l’idée selon laquelle,
l’homme a la capacité d’user sa raison afin de jeter les fondements moraux de
la vie politique, on revient ainsi à un univers
gouverné par un système de lois hiérarchisés (loi éternelle par laquelle Dieu
agit lui-même, la loi divine, révélée par Dieu dans les écritures et sur
laquelle se fonde l’église, puis la loi de la nature que Dieu implante en
l’homme afin qu’il puisse comprendre ses desseins).

Se développe
l’essence du droit naturel.

-
Les lois positives que se donnent les hommes
doivent être compatibles avec la justice naturelle, elles procurent un cadre
moral dans laquelle doit s’inscrire l’individu (une loi qui n’a pas cette légitimité
ne doit pas être suivie)

-
La loi de la nature est reliée à la volonté de
Dieu, donc à la Loi éternelle, dès lors le droit positif ne peut contrevenir à
ces dernières, ce que piétinera plus tard
Hobbes.

 

Le contexte du constitutionnalisme

« Sans Luther,
il n’y aurait jamais pu y avoir de Louis XIV »,
l’idée étant que le
principal effet de la pensée politique luthérienne, dans l’Europe des débuts de
l’ère moderne, aura consisté à favoriser et à légitimer l’émergence de
monarchies absolues unifiées.

Ses arguments politiques furent repris à cet égard jusque
par les plus éminents partisans catholiques des rois de droit divin, ainsi Bossuet venant adresser son ouvrage
politique majeur à l’héritier de Louis
XIV, en 1679
fonde l’ensemble de son discours sur l’hypothèse luthérienne
que tout principe politique doit provenir des pages de la Bible (Traité politique tirée des propres paroles
de l’écriture sainte)

En analysant les concepts d’autorité politique et
d’obligation, il insiste fortement sur les deux doctrines de la première pensée
politique luthérienne.

-
Le pouvoir du roi doit s’étendre au jugement de
toute cause, ecclésiastique comme temporelle, et ce pouvoir doit être absolu,
car il n’existe personne à qui le roi doive rendre des comptes.

-
Il s’appuie également sur la doctrine
paulinienne de l’obéissance passive invoquée par les réformateurs, dès lors
tous ceux qui résistent aux ordres du roi sont condamnés à être damnés car
c’est résister à l’autorité de Dieu.

Le XVI° ne témoigne
pas seulement des débuts de l’idéologie absolutiste, mais aussi de la naissance
de son grand rival théorique : l’idée selon laquelle toute autorité
politique n’est inhérente au peuple lui même, et que dès lors « Tout roi
est sujet aux censures et interdictions de ses sujets »

Cette doctrine va en effet s’imposer en Ecosse, en Hollande
et enfin en France puis en Angleterre comme la première vague des révolutions
politiques réussies dans les temps modernes.

 

Le mouvement
conciliaire
 : Jean de Gerson est un prédicateur, philosophe, homme
politique, enseignant et théologien français du Moyen Âge.

Au moyen âge, le mouvement conciliaire développe l’idée
selon laquelle l’église est comme une monarchie constitutionnelle, en effet, Pour Gerson  toute société politique doit être parfaite,
or il y a deux grandes sociétés politiques (l’une ecclésiale, l’autre
séculière), ce qui le conduit à libérer le pouvoir du Prince de l’influence de  toute juridiction fut elle ecclésiale, il
combat la théorie de la hiérocratie pontificale et dispose que le pouvoir de
l’église est d’utiliser le glaive spirituel.

La plus haute autorité appartient dans chacune des sphères « au concile pour l’église,
comme assemblée représentative des fidèles, l’apparente plénitude des pouvoirs
du Pape apparaît comme une délégation administrative, et dans la communauté
séculière, c’est l’assemblée représentative des citoyens qui joue ce
rôle ».

Conséquences : Le
pouvoir n’appartient qu’à l’assemblée, et le pouvoir du souverain ne peut pas
être absolu, ces derniers sont dépositaire du droit d’autrui, il ne dispose pas
de droits propres de propriété sur les biens qui appartiennent à la communauté.

Ce dernier point est fortement constitutionaliste, il
conclut sur l’idée que tout souverain digne de ce nom ne doit gouverner « que pour le bien de la
République »
et conformément à la loi.

La tradition
juridique :

Lorsqu’en 1644 John
Maxwell
publie « la prérogative sacre et souveraine des rois
chrétiens », la première question qu’il pose est celle de savoir si les
rois sont « indépendants de l’ensemble du peuple »

Cette thèse a pour origine Guillaume D’Ockham et les conciliaristes, fondateurs du
constitutionalisme radical, l’idée avancée est que les rois ne tiennent leur
pouvoir qu’en communication du peuple et que ce dernier n’aliène jamais sa
souveraineté ultime, il ne fait que la déléguer.

Il apparaît ainsi qu’il est légitime de repousser par la
force la force injuste, le peuple peut en fonction des circonstances déposer le
roi et le tenir sous bonne garde.

Au XII°, le
jurisconsulte Azo
contribue a étayer une attitude constitutionaliste
vis-à-vis de la structure juridique du St Empire romain germanique, ainsi cette
approche triomphante en 1648 avec le
Traité de Westphalie
considère que chaque Empereur devait être considéré
comme signant un contrat avec les électeurs et autres magistrats subalternes de
l’Empire, en jurant de défendre le bien de l’Empire dan son ensemble et de
protéger la liberté de ses sujets, ainsi l’Empereur  est dépendant pour l’exercice de son autorité
du bon accomplissement de ses devoirs, les électeurs et les autres princes de
l’Empire pourraient ainsi utiliser le glaive contre lui s’il venait à manquer à
ses devoirs.

Cette représentation anti absolutiste de l’autorité
impériale connu son paroxysme au début du 16°,
en partie en raison des changements introduits dans l’étude du droit par les
humanistes du début du Quattrocento, L’empereur n’est ainsi pas un souverain
absolu,  nul ne peut succéder à l’Empire
sans être élu, mais le roi peut transmettre le royaume à ses héritiers.

Conséquences :

-
les pouvoirs de l’Empereur sont très grands,
mais ne servent qu’à maintenir la sécurité des sujets et à soutenir la cause de
la justice

-
L’Empereur est lié non seulement par contrat,
mais par la constitution de l’Empire elle-même

Les seuls détenteurs
de l’Imperium sur les cités ne peuvent être que les citoyens eux-mêmes
, il
n’est dès lors plus possible de prendre des dispositions législatives sans
s’assurer qu’auparavant de  l’autorité du
peuple  en son conseil de gouvernement qui demeure en tout temps le
sanctuaire ultime de la souveraineté.

 

Le calvinisme

Après des années d’hésitations et de compromis, les
gouvernements d’Europe du Bord se retournèrent violemment contre les réformés
et s’engagèrent ans une politique de force pour favoriser l’unité religieuse.

Premier des pays, l’Allemagne ou Charles Quint signe un pacte secret avec François 1ER
pour préparer une guerre sainte contre les hérétiques.

Vainqueur, il proclame l’église luthérienne hors la loi dan
tout  l’Empire, en Angleterre alors que
nombre de protestants étaient arrivés au pouvoir, la mort d’Henri VIII en 1547 sonne le glas confirmé par les
massacres de Marie Tudor (Bloody Mary),
ce qui entraîne la fuite de
nombreux chefs réformés en Suisse.

En 1548, la jeune
reine d’écosse
quitte son pays pour la France et recevoir une éducation
catholique, François 1er durcit ses positions et donne l’ordre
d’exécuter tous les hérétiques, les persécutions s’intensifient sous Henri II et en proclamant l’édit de
Compiègne
condamne les hérétiques à la mort.

Les luthériens, adaptent de la soumission passive et de la
théorie de l’obéissance politique et en particulier Calvin ne soutiennent pas l’idée d’un droit à une résistance
active, sous réserve cependant d ‘exceptions :

-
L’obéissance envers le souverain ne doit pas les
détourner de l’obéissance envers Dieu

-
Si le Peuple implore Dieu à l’aide, des vengeurs
peuvent se lever et délivrer le peuple injustement opprimé dans sa misérable
condition

En 1559, il
change d’avis dans son ouvrage « De
l’institution 
», pour aller vers l’idée d’une résistance active face
aux magistrats légitimes.

Il reste néanmoins attaché à la non résistance paulinienne
absolue et selon laquelle, peu importe la forme de gouvernement, on doit la
considérer comme ordonnée par Dieu lui-même.

Aussi, si l’on ne doit ne pas aller à l’encontre du
magistrat, encore faut il que ce dernier se comporte comme « le père de son pays », cependant la doctrine de la non
violence laisse sous tendre l’idée que si le gouvernement est tyrannique, c’est
que Dieu envoie la pénitence aux hommes en réparation de leurs péchés.

Les luthériens à l’inverse avaient réunis un arsenal
considérable d’arguments radicaux pour justifier la violence politique au
moment ou ils  avaient envisagé de
résister à Charles Quint.

Se posait désormais
la question, pouvait on s’opposer à la formation d’une alliance légitime pour
s’opposer à l’Empereur lui-même s’il agressait les protestants en tant que chef
de l’église catholique ?

Il revient à Philippe
de Hesse
de légitimer une résistance armée à l’Empereur tout en
s’arrangeant pour maintenir la proposition luthérienne fondamentale selon laquelle
tout pouvoir vient de Dieu :

-
Tous les princes territoriaux peuvent se
considérer comme des pouvoirs institués par Dieu

-
Les pouvoirs impliquent une obligation d’assurer
le bien être des sujets, il devient légitime de se défendre contre toute
violation des traités qui auraient été conclus avec un autre empereur souverain,
car les princes ont une relation d’égalité avec l’empereur et non une relation
de vassal à sujet.

Guerres de religion et
naissance de la souveraineté

Les circonstances devaient rendre rapidement intenable la
doctrine réformé de stricte soumission au pouvoir établi, car en face de vrais
souverains hostiles à la varie religion et décidés d’arrêter ses progrès à tous
prix allaient jeter els calvinistes dans la résistance activez, en Ecosse avec
John Knox, disciple de Calvin, et en France ou les guerres de religion durèrent
de 1562 à 1598.

Le 24/08/1572, sous
Charles IX,
à l’instigation de Catherine de Médicis et des Guise a lieu le
massacre de la St Barthélemy, il produit une intense activité politique des
protestants, qui entendent justifier la résistance active au roi, meurtrier,
lâche et tyran.

Parmi les ouvrages
d’écrivains, sérieux et dogmatiques, s’imposent la Franco-Gallia de F.Hotman (1573),
qui se donne pour une étude historique impartiale des origines de la monarchie
française, le « Du droit des
Magistrats sur leurs sujets
(1574)
de Théodore de  Bèze qui est un disciple de Calvin.

Calvinistes et engagées dans la justification d’établir
contre toutes objections religieuses ou constitutionnelles un « droit divin de rébellion »,
la difficulté était de donner une base doctrinale à une position qui pouvait
correspondre comme un renversement
position.

Calvin dans « L’institution » excluait toute
résistance active de la part des personnes privées, mais réservait
l’intervention légitime aux « magistrats inférieurs » constitués pour
la défense du peuple (Etats généraux)
ou à un héros manifeste, il encourage ainsi les huguenots (protestants
français) à étoffer cette doctrine en les greffant sur les théories politiques
médiévales : suprématie de la communauté « populus » et de la loi, réciprocité d’obligations,
fondement contractuel entre le peuple et le roi.

On pouvait également puiser dans le « Discours de la servitude volontaire » de La Boétie,
plaidoyer en faveur de la liberté contre le pouvoir d’un seul « votre servitude est purement
volontaire »,
il exhorte à ne plus vouloir cet état de fait.

Dans l’ouvrage de F.Hotman
on est frappé par le manque de soutien idéologique de sa thèse qui cherche
visiblement la polémique, on y trouve son opposition entre l’élection et
l’hérédité, la monarchie limité par des lois, par des conditions
contractuelles, par les Etats Généraux, on y lit que le peuple peut déposer son
roi et en créer un autre et que ce droit réside dans l’ensemble des citoyens et
que c’est l’assemblée des trois Etats qui l’exerce, en tant que détentrice de
la souveraineté et principale administration du royaume, il semble  être le premier manifeste « du radicalisme calviniste »

Dans le Traité de Théodore
de Bèze
, la liste des questions considérées met en relief la préoccupation
de la part de Dieu et de la conscience « étant
persécuté pour la religion, peut on se défendre par armes en bonne
conscience ? »

Pour lui, la gloire de Dieu de la vraie religion, est la fin
principale de l’état, il s’agit de maintenir la varie religion entre ses sujets
contre tous les ennemis du dedans et du dehors, roi et magistrats doivent
maintenir la piété, mais dans les cas ou ils persécuteraient, on pourrait
s’opposer à eux par les armes, c’est ainsi sur ce fondement que De Bèze, disciple de Calvin entend
développer sa théorie de la résistance active.

« De la
puissance légitime du prince sur le peuple et du peuple sur le prince de
1579 »
articule plus étroitement le religieux et le politique en
mariant l’esprit Biblique et l’esprit juridique.

Il s’agit de ramener la domination des hommes et le droit
des peuples à leurs légitimes et certains principes en sorte d’en préciser les
limites, l’autorité des rois a ainsi deux limites :

-
L’une est du côté de dieu et de la vraie religion,
elle correspond à u contrat passé entre Dieu d’une part, et le peuple et le roi
d’autre part qui s’engage à obéir religieusement à Dieu et à veiller à sa
gloire

-
L’autre est liée au peuple et à la justice qui
lui est due, le roi s’engageant à  régner
justement et selon les lois, en cas de non satisfaction, le peuple peut se
considérer de plein droit délié de toute obligation

Le Traité fait ainsi une large place à la doctrine du magistrat inférieur
(officiers de la couronne ou du royaume), Seigneurs, Duc, marquis, le Traité
les vit comme des subalternes entre le peuple et le roi et selon leur degré.

Le peuple en assemblée générale confie le mandat du peuple aux officiers du royaume, ils peuvent
être déposés que par elle car ils ne dépendent pas du souverain, mais de la
souveraineté.$

Les personnes privées qui n’ont pas de charge ne sont pas
fondées à résister de leur propre chef au tyran, sauf extraordinaire vocation
de Dieu (Héros manifeste de Calvin), et
sauf existence d’une tyrannie qui n’a jamais reçu un mandat du peuple.

Il est loisible d’appeler à la rescousse les souverains
étrangers afin de rappeler le tyran à ses limites.

Cette théorie était intéressante pour les protestants, car
les calvinistes étaient bine représentés
dans la grande noblesse et semblait permettre la résurgence contre un
pouvoir central fort de l’univers féodaux- vassalique, et dans la tradition
politique l’idée de monarchomaque qui d’après
son nom combat la monarchie,  et admet
l’idée que même héréditaire, le souverain tenait tous ses droits des gouvernés

 

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